jazz,new orleans

jeudi 11 décembre 2008

Hot swamp night





Le piano frappe, la diva chante. Les planches s'enflamment, reflet d'une nuit incandescente. Intumescence plantureuse des formes, voyage caniculaire.
Les notes s'enchaînent, la lune vacille langoureusement, sibilations du public.
Deuxième phase du chorus. Sonorités puissantes, amplitude du jeu de mains, les résonances deviennent profondes. La diva est à terre, ultime estocade du piano : vibrato dans l'aigu.
Plus de scène, plus de public : le son, rocailleusement suave.

samedi 29 novembre 2008

When the blue seems to be dark








Derrière la légende envoûtante se cache une pesante animosité. Ces jours-ci cette violence prend le dessus sur la magie. Elle me mange. Me réduisant en une espèce de simulacre de passivité, me rendant d'une nervosité que je ne me connaissais pas. Entre cognes corrompus et haillonneux à la farouche démence, l'envers du décor est une abrupte réalité. L'envers de mon décor m'apparaît. Le jazz n'en est pas moins fastueux.

jeudi 20 novembre 2008

Une guitare dans mon bayou

Enchaînant pendant des heures des thèmes à l'efficacité éloquente et des chorus aux suprêmes impressions, l'instrument exhale une aura protectrice dans laquelle le musicien se voile pour émaner d'autres langages. Fin du premier set, premier moment de répit , l'instrument brille et vibre encore de l'effort du musicien, trônant fièrement au fond de la scène, il attend. Revêtant son allure d'objet. Il attend. A travers lui, le musicien reste présent dans son absence. Un cendrier posé à terre fait jaillir la fumée d'une cigarette mal éteinte. Ces moments d'attente font partie intégrante du jazz, monstrueusement à Big Easy. Ces instants de silence sont nécessaires à la musique pour reprendre de sa puissance.

vendredi 14 novembre 2008

I've got the mojo train





Cela fait maintenant près d'un mois que je me trouve à la Nouvelle-Orléans. La légende qui entoure ce lieu me fascine, et, de jour en jour s'ouvrent de nouvelles facettes de la ville. J'apprends petit à petit que cette ville est aussi une réalité aux contours aigus. Seulement, il semble que ces éléments ne font qu'alimenter le mythe et l'aiguise sous de nouveaux angles. Un marin rencontré sur les bords du Mississipi, me raconte les allées et venues de Crescent City à Houston,Texas; deux semaines dans le cargo, une semaine sur terre. Venu à Big Easy chercher des filles et de l'alcool à l'image de ses compagnons d'ancre il y a maintenant près d'un siècle. Il y a des coutumes, un mode de vie transmis au sein d'une population oh combien hétéroclite. "Laisser les bons temps rouler". Jamais un ouragan n'abolira cette culture. La musique, qu'elle se joue dans le plus total respect des traditions ou prenant une de ses multiples formes, est d'une résonance, d'une pulsation, d'un goût, d'une saveur différents. Il est certain que la ville, sa légende, son histoire et le mythe que représente Big Easy entretiennent une certaine influence sur la musique qui s'y joue. Plus qu'a savoir lesquels...

lundi 10 novembre 2008

I take the blue train







Plus d'immeubles gigantesques à perte de vue, plus de businessmen à la route droite parsemée de crise financière, finie l'agitation aux mille couleurs de Broadway; place aux maisons colorées façon créole, place à leurs balcons travaillés, place aux touristes égarés, place aux bons temps roulant !
Après avoir trouvé un hôtel minable le long de Canal Street, enfin, je flâne. Le nom même des rues et ancré dans un mythe aux contours satinés de blue notes. Il est dix heures du soir, je tombe nez a nez avec Bourbon Street, bordels, dealers, musiciens de rues, se mêlent à la foule impressionnante de touristes, colliers de perles autour du cou, chantant la joie d'errer de bars en bars aux basses assourdissantes. L'agitation est trop grande. M'enfonçant dans le "quarter", je me retrouve au beau milieu de frenchmen street, un sax au solo rugissant de groove me prend, je marche dans sa direction. Dans un club aux aspects rustiques dans lequel flotte une forte odeur d'herbe, un groupe de production local joue sur une scène branlante sous la fureur des musiciens. Ici pas de fioritures harmoniques, le groove règne sur un trône cuivré !

vendredi 7 novembre 2008

Take it Easy in Crescent City










Au 6ème jour de mon voyage, je quitte Big Apple et son effervescence en constante ébullition pour me tourner vers une autre grande, Big Easy et ses bons temps roulant le long de l'old man river.

mardi 4 novembre 2008

Yes he did


Au delà de toute comparaison qui serait trop facile. Ce qui ressort, à mes yeux, de cette nuit électorale tout en prenant en compte l'importance de la religion dans une course à la maison blanche, est l'image messianique que renvoie Barack Obama.
Si l'espoir que porte les américains en cet homme se vérifie en actes, alors ce soir est un soir historique.
Les américains ont clamé haut et fort leur volonté de changement. Souvent, que se soit à Harlem ou à la Nouvelle-Orleans, j'ai vu, entendu, Obama comparé à Martin Luther King Junior ou encore Malcom X.
Serait-ce trop beau ?
Dans tous les cas si ce qui est arrive ce soir et si ce qui ressors des visages vus, des paroles entendues alors l'espoir vit et ce 4 septembre 2008 est peut être en phase de devenir un jour historique.

Une rythmique AABA pour un film in Black & White












dimanche 2 novembre 2008

New York rendez-vous



Dernier texte sur New York avec une analyse un peu plus précise du Jazz qui s'y joue. Car on a beau dire, j'ai jamais entendu un jazz comme il s'y joue à Big Apple.
En plus de revenir sur ma décision de "dernier texte" sur New York City, je reviens aussi sur ma décision de ne trouver que de nouvelles formulations (autre que sur mon carnet) car la nuit que j'ai passée au "jazz corner of the world" comme le décrit Charlie Parker a été plus que magique. Et ces impressions écrites sur le vif au coin du bar ne peuvent être modifiées.


Dans une ambiance qui semble être typiquement new-yorkaise, Dave Holland balance, dans ce lieu mythique, un jazz au groove explosif.
New York ensorcelle !
Le Birdland ne semble pas appartenir au genre de muséum, la légende devient une réalité vivante dès que les portes sont franchies. Entre les deux sets, les musiciens redeviennent humains, discutent avec le public, mangent accoudés au bar en toute simplicité.
En candide ingénu, j'admire la facilité avec laquelle les stars se mêlent a la foule. Le mythe opère, je me demande sans arrêt si ce qui se déroule devant mes yeux est bien réel.
En roi au milieu des pions, le fou trône au sein d'un rêve semi-conscient. Quand l'on rentre dans ce jeu, tout n'est plus qu'un idyllique absolu (du moins a New York City).
Le musicien de jazz fait effectivement partie d'un autre monde, celui du rêve, de la grâce, de la beauté.
Ce soir la, la magie a fait plus qu'opérer, elle transcendait.

New York in Blue



jazzman, central park


C'est un exercice qui, en plus d'être difficile est peu intéressant que de livrer des impressions qui appartiennent déjà au passé, alors que je vis dans un intense présent au futur incertain. Qui plus est, je n'ai pas le moins du monde envie d'écrire virtuellement blanc sur noir ce qui est inscrit noir sur blanc dans mon moleskine. C'est donc pour cette raison que ce texte sera sûrement le dernier au sujet de New York City.

Et je peux n'en finir sur cette ville envoûtante qu'en parlant du jazz. C'est bien de l'autre côté de l'Atlantique que la great black musique vit. Ce que dégagent les musiciens dans les clubs de New York City est quasi indescriptible essayant à chaque note de leur chorus d'effleurer un certain absolu musical. Ils sont devant leur public, lorsqu'ils apparaissent en France c'est comme si l'on goûtait un foie gras californien, le goût, la texture, les sensations sont quelques peu délocalisés...


samedi 1 novembre 2008

Notes de l'auteur


Peinture Urbaine

Dans l'instant même où ces mots sont écrits je me trouve à la Nouvelle Orléans et non pas à New York. Mais mes pérégrinations New yorkaises ayant été si intenses, je trouve intéressant de commencer mon récit de manière plus ou moins chronologique. D'une part pour un premier aperçu de l'étendue de ce foutu pays, d'autre part il est très intéressant pour moi de me servir de Big Apple comme élément de comparaison. Un vieil homme rencontre sur le bitume harlemien me disait d'ailleurs "New York reste les poumons de la great black music, la Nouvelle Orléans en demeure le coeur"






Harlem by Night

Ou suis-je ?


Drôle d’impression, certes il s’agit de la même civilisation, mais c’est loin, très loin de la culture européenne.

La violence d’Harlem est plus que palpable, ce quartier vit, vit par sa communauté afro-américaine, vit par ses trafics en tout genre.
Des blacks vous regarde en se frottant des dents dorées ou pourries par l’injection de drogues ou autres contacts physiques. Mais cette violence, la violence physique semble rester intrinsèque aux habitants.
Les dealers aux dents pourries font parties intégrantes du décors d’Harlem.