skip to main |
skip to sidebar
"Dis-donc mon frère, il y a foule aujourd'hui"
"Ça tu peux le dire mon gars, on s'y retrouve plus !"
Ils étaient une dizaine tout au plus devant la bicoque du barbier.
Trois d'entre eux s'appuyaient nonchalamment sur les piliers soutenant le balcon, deux autres étaient assis sur l'asphalte brûlant, le dernier groupe, un peu en retrait, était adossé à la devanture du magasin, assis sur de séculaires caquetoires.
Ils avaient devant eux ce défilé aux intenses couleurs, auquel ils ne prêtaient guère attention. Le barbier continuait le va-et-vient vif de son sabre sur le visage de son client. Le chaland, lui, allongé sur la dormeuse, regardait vaguement par-delà la vitrine.
Cette flegme plèbe détonnait joyeusement de l'infatigable euphorie régnant sur le bitume. Les uns se dodelinaient doucement au son du tambour, les autres se balançaient paisiblement sur leurs chaises : aucun d'entre eux ne se serait livré à un geste qui aurait pu sembler superflu, de peur sans doute de ne pas profiter pleinement de l'instant.
Ça, ils les laissaient rouler, les bons temps !
Toubi continioude...
Cet homme, bon sang cet homme.
Je ne me souviens pas d'avoir vu son visage sans peine, sans écume. Comme si, dès l'instant où il avait franchi ce cercle, tous ses traits -sa chair- s’étaient contractés vers un ailleurs. Cette fièvre dans sa voix, cette fureur peinte dans son regard ont surgi au premier claquement de tambour. Une gracieuse frénésie s'est emparée de ses mouvements. Lentement, il frappe le sol du pied gauche, puis du pied droit, ses mains, ses bras tremblent; ses épaules et sa tête se balancent de bas en haut.
Il est seul au centre de ces corps aux pittoresques plumages, son tambourin de fortune clappe sous ses impulsifs battements. Un homme, plus jeune, l'accompagne au tambour. Ces sons résonnent dans ma tête, seule la voix de l'homme reste claire et distincte. L'espace d'un instant l'homme me regarde droit dans les yeux, il ne me voit pas, il ne semble percevoir aucune forme, comme aveuglé.
La danse se fige, les sons s'arrêtent. "Maintenant j'ai chaud", dit l'homme. Il quitte progressivement le cercle, brisant peu à peu le simulacre. Son visage s'est apaisé.
Il rejoint des marches au devant d'une maison, il s'assoit, essuie d'un revers de manche la moiteur de ses traits. Une belle femme aux formes plantureuses s'approche, lui murmure quelques mots à l'oreille, lui tape sur l'épaule avant de franchir le pas de la porte.
Je garde les yeux rivés sur l'homme, il n'est plus le même, ce n'est pas ce visage serein qui, tout à l'heure exhumait du bitume.
Ce n'est qu'au bout de quelques minutes que je me rends compte qu'au loin, les tambours reprennent.
Et la suite encore la suite...

C'est un de ces moments où l'on ne prête plus vraiment d'attention à ses faits et gestes, où l'on se laisse guider, comme attiré de manière irrévocable par l'inconnu…
Les hommes, pour la plupart, étaient assis le long du trottoir, et tantôt savouraient une cigarette avec délectation, tantôt devisaient sur les séants des belles dames, s'amusant de leur orgueil. elles, faisaient face aux amoncellements d'ailes de poulet frit, de riz et de haricots rouges, parlant dans un perpétuel éclat de rire. Les enfants quant à eux, badinaient en virevoltant d'un groupe à l'autre. Le tout donnant lieu à un joyeux vacarme, au milieu duquel prenait corps une joute colorée.
Les tambours reprennent : deux coups seulement ; un homme entre en scène ; il martèle un vieux tambourin de toute sa rage et entonne un chant plein d'extase. Les femmes se taisent. Les hommes se lèvent et reprennent les paroles en cœur. Les enfants se figent. Les plumes valsent dans tous les sens. Mes jambes ne me soutiennent plus, je m'effondre sur le bitume chaud et je reste là, assis. Haletant, ivre de couleurs.
La suite...
Il fallait le voir se pavaner à l'arrière de son pick-up rouge saluant vaguement des visages connus. Une fumée épaisse s'échappait par brèves interruptions de sa bouche, une grimace lui déforme le visage à chaque gorgée d'une Budweiser depuis longtemps sans goût. Rien ne semble l'affecter, ni la masse grouillante de St Charles, ni la chaleur étouffante. Sa casquette vissée sur la théière laisse apparaître deux luxuriants bouquets de cheveux drus. Son visage arbore quelques sillons d'une vie capricieuse ; seulement, dans l'instant où j'ai croisé son regard, l'insouciance et une certaine candeur espiègle y trônaient fièrement.
Les bruits sourds, jusque là insignifiants, se transforment peu à peu en claquements réguliers de tambours, et les voix en chants solennels. Je détourne mon regard du vieil homme, au-delà de quelques passants à l'encolure perlée, j'aperçois de vastes plumes écarlates contrastant avec un ciel bleu.
Et suite demain....
"Viens mon frère on se tire, c'est trop grouillant par ici", sans ces mots prononcés par un vieil homme à l'importante opulence, je pense que je n'aurais pas pris conscience – du moins pas aussi rapidement – que je commençais a étouffer sous une masse de chaire foisonnante à l'affût de la moindre relique. Un vent indolent souffle un air lourd, emportant les odeurs de barbaques grésillantes à travers la foule. Les arbres, les nuques, les balcons soutiennent un amoncellement de colliers, la ville a revêtu ses masques, les passants vont faisant leurs frasques. Je décide de rentrer à l'abri de cette folie. À l'embranchement de St Charles et de Second street, des bruits sourds mêlés à des voix lointaines se font entendre. Je n'y prête pas attention, croisant ce regard presque enfantin égaré au milieu de cette immense mascarade.
La suite demain.....
Bon c'est décidé, j'me retire les doigts de mon fondement, je m'active le dargeot, je remet en route l'encéphale, en d'autres termes, mon semblable et hypocrite lecteur ce blog va reprendre du pemmican dans l'hypogastre ! (s'il ne veut pas trancher court dans une petulance bouillonante (zieutersid'ssus comme y dise a l'est).