
"Dis-donc mon frère, il y a foule aujourd'hui"
"Ça tu peux le dire mon gars, on s'y retrouve plus !"
Ils étaient une dizaine tout au plus devant la bicoque du barbier.
Trois d'entre eux s'appuyaient nonchalamment sur les piliers soutenant le balcon, deux autres étaient assis sur l'asphalte brûlant, le dernier groupe, un peu en retrait, était adossé à la devanture du magasin, assis sur de séculaires caquetoires.
Ils avaient devant eux ce défilé aux intenses couleurs, auquel ils ne prêtaient guère attention. Le barbier continuait le va-et-vient vif de son sabre sur le visage de son client. Le chaland, lui, allongé sur la dormeuse, regardait vaguement par-delà la vitrine.
Cette flegme plèbe détonnait joyeusement de l'infatigable euphorie régnant sur le bitume. Les uns se dodelinaient doucement au son du tambour, les autres se balançaient paisiblement sur leurs chaises : aucun d'entre eux ne se serait livré à un geste qui aurait pu sembler superflu, de peur sans doute de ne pas profiter pleinement de l'instant.
Ça, ils les laissaient rouler, les bons temps !
Toubi continioude...
1 commentaire:
la suite , la suite ....
Enregistrer un commentaire